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Devenir réalisatrice


Comment définis tu ton style cinématographique ?


Assez dramatique, ce serait mentir que dire l'inverse. Mais je crois vraiment qu'on peut réunir l'humour et le drame sans cloisonner les genres. C'est ce que je m'exerce à faire, notamment dans mes réalisations futures.



Tes fonds sont majoritairement sombres, pourquoi ce choix ?


Ça n'a pas toujours été un choix.


Pour Tant que tu resteras vivante, le fond noir était une réelle volonté. Cela avait beaucoup agacé mon tuteur puisque mes acteurs étaient habillés en noir, les visages éclairés par le haut et la scène plongée dans l'obscurité. Il ne comprenait pas pourquoi je me compliquais autant la tâche. Je suis restée fidèle à mes idées, d'abord pour expérimenter et ensuite parce que la scène représente les pensées du personnage principal (l'intérieur que personne ne voit).



Pour Je vous aime, nous avons filmé la nuit par obligation. La représentation était le soir uniquement et nous disposions du théâtre la nuit. Pour la séquence de la voiture, nous n'avions pas pu accéder au théâtre. Après avoir tourné en rond sur des interprétations qui n'avaient pas de sens pour le film, nous sommes partis en improvisation au volant à deux heures du matin.



Pour Failover, nous avions beaucoup de contraintes quant au lieu du tournage. La météo et les timings étant capricieux, j'ai de nouveau exploité l'espace de la scène pour filmer le clip.



Dans mon dernier court-métrage, tout est filmé en extérieur et intérieur jour (en journée donc). Je ne souhaite pas qu'on identifie mon style cinématographique à quelque chose de trop théâtral. Avec Carla, nous avons pris le temps d'exploiter d'autres lieux. Tout comme la danse qu'on retrouve dans mes trois dernières réalisations, ici elle n'apparaît pas.




Peux tu nous en dire plus sur ton dernier court-métrage ?


Filmer en duo avec Carla était à la fois une contrainte et une liberté. Une contrainte pour n'oublier aucun raccord, de faire le script entre chaque séquence, de jongler entre travail d'interprétation et réglage technique. Après Tant que tu resteras vivante et Je vous aime, j'ai compris que je ne pouvais pas tenir autant de rôles à la fois. J'ai quand même réitéré l'expérience dans ce dernier film, avec l'aide de mes proches et de belles rencontres faites lors du tournage.



Sans avoir pu offrir à Carla un plateau de tournage professionnel, j'ai eu la chance qu'elle n'ait pas froid aux yeux. Entre fatigue et concentration, nous avons pu expérimenter toutes nos idées en un temps record.



Le montage de ce film est également une réflexion pour ne pas révéler toutes les contraintes visuelles et sonores que nous avons rencontré.



Pourquoi cet attrait pour la réalisation ?


J'ai toujours voulu donner vie aux histoires qui me touchent, qu'elles puissent traverser les générations. La réalisation m'apporte une grande richesse créative et génère constamment des rencontres humaines.




D'après toi, comment devient-on réalisatrice ?


En étant à la fois patient et soi-même. En aimant travailler avec les autres. Un film réunit des corps de métiers différents. Une réalisatrice doit prendre en considération chaque personne qui participe au film. Je l'image toujours comme la cheffe d'orchestre d'une symphonie. Son vrai rôle, au-delà de sa polyvalence, c'est son humanité.


Ce métier est extrêmement enrichissant. Qu'il soit à petite ou grande échelle, un film reste une aventure humaine. À mon sens, il ne faut pas attendre un tournage de six mois pour le ressentir.


Je crois qu'on devient réalisateur(rice) lorsqu'on aime profondément cela.



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